357 890 092x - 2ème partie

Suite !


Lili780 dit :
hé ! t tjs la ?

Ah, l’informatique, ça ne vous laissait pas une minute de répit. Me refusant malgré tout à faire passer une machine avant un être humain, je répondis d’abord à Lili780 que non, je n’avais pas été au cinéma ce week-end, et j’entrepris même de lui poser une question, pour qu’elle me laisse un peu en paix avec mon error system, le temps qu’elle tape sa réponse.
Chemin d’accès non valide. Bon. Mais le fichier était là, sous mes yeux. Je devais pouvoir y accéder par un autre moyen. Déterminée à ne pas me laisser vaincre par un Bonhomme récalcitrant, je cliquai résolument sur Démarrer et fis glisser ma souris jusqu’à la case Rechercher. Le compagnon Office – un petit chat que j’avais également baptisé : Machin – apparut dans un coin de la fenêtre pour proposer son aide, la mine serviable. C’était le monde à l’envers, songeai-je : les gens vous parlaient par codes informatiques, et des chats se tenaient au bord des fenêtres dans les écrans d’ordinateur. Cela dit, je ne me laissai pas aller à cet épisode de nostalgie, et entrai le titre du document souhaité.

La recherche est terminée. Il n’y a aucun résultat à afficher.

Comment ça ? Je l’avais vu, je savais qu’il y était, ce document, nom d’un disque local aphone ! J’élargis le champ et relançai la recherche. Machin remuait dans son coin, selon l’animation prédéfinie qu’il adoptait lorsqu’on lui posait une question, et qu’étant données mes grandes compétences dans le domaine cybernétique, je commençais à connaître par cœur.

La recherche est terminée. Il n’y a aucun résultat à afficher.

Saperlipopette ! Je me mis à fulminer. J’avais horreur que Bonhomme me résiste. Il pouvait devenir insupportable, lorsqu’il me parlait de protocole TCP/IP et autres incongruités incompréhensibles. Mais c’était toujours moins frustrant que ce froid « Il n’y a aucun résultat à afficher ». Vindicative, je positionnai mon curseur dans le cadre de dialogue, et lançai une recherche sur « Tu m’agaces, espèce de tas de boulons indiscipliné. » Le curseur se fit sablier, puis le compagnon Office afficha sa réponse :

Mille excuses.

Une poignée de secondes, je restai pétrifiée. Il m’avait… répondu ? Ce n’était pas possible… Un transistor organique avait dû griller dans ma cervelle… Pourtant, les mots étaient bien là, noirs sur jaune : « Milles excuses ». Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Je m’aperçus que je m’étais figée, la main droite à mi-chemin entre la souris et le clavier, et les sourcils froncés sur mes yeux écarquillés. Une coïncidence. C’était la seule explication. Il se trouvait, dans la liste de réponses possibles pour indiquer le caractère infructueux de la recherche, une entrée « Mille excuses », et le hasard avait fait que cela semblait répondre très précisément à ce que je venais de demander.
Ouf. Je respirais à nouveau. L’asile n’était pas pour tout de suite. Je remarquai la fenêtre de Lili780 qui clignotait furieusement. La pauvre, je l’avais complètement oubliée. Après plusieurs lignes m’exhortant à lui répondre, sa conversation culminait dans un paroxysme de majuscules et de points d’exclamation.

« Excuse-moi. Oui, je suis toujours là » répondis-je, encore un peu chamboulée.

N’aimant pas les incertitudes, je me repositionnai sur le compagnon Office. Bardée d’un sourire détaché, dont la vocation inavouée était de me convaincre que je n’avais pas le moindre doute d’avoir trouvé la solution, je me mis à écrire : « hé ho, Bonhomme, tu me reçois ? ». Je dus m’avouer que j’avais dégluti avec un peu de difficulté, en faisant Entrer. Petit sablier.

La recherche est terminée. Il n’y a aucun résultat à afficher.

Ah, je le savais, j’avais raison. Coïncidence. Ou hallucination due à trop d’heures devant l’écran, passées à me lancer à la recherche du fichier perdu, qui ne serait sûrement pas en fleur lorsque je le retrouverais. D’ailleurs, je n’y pensais même plus, non. Je fermai nerveusement l’option Rechercher.

ERROR SYSTEM 357 890 092x, chemin d’accès non valide pour ce document

Allons bons ! Voilà le maudit message d’erreur, qui s’était sournoisement caché sous la fenêtre ! Je lançai un regard furibond à Bonhomme, me demandant si je n’allais pas procéder à l’ablation à la sauvage de son processeur. Il aurait essayé de me faire tourner en bourrique qu’il ne s’y serait pas pris autrement ! C’était un coup des services secrets américains, ça, ils avaient infiltré mon ordinateur pour fomenter un complot contre les amateurs de toutous jouant avec une balle en plastique.
Je n’avais pas remarqué la case « >> Détail », les autres fois, sur cette fenêtre. Encore une hallucination ? Redoutant de me retrouver face à une page de signes cabalistiques en langage binaire, je cliquai dessus – après tout, Lili780 pourrait peut-être m’aider à traduire ces hiéroglyphes, elle qui s’y connaissait en charabia.
La fenêtre s’agrandit, laissant apparaître un lien interne à l’ordinateur, qui répondait à la douce dénomination de « Cliquez ici pour obtenir de l’aide ». Désireuse de me porter acquéreur d’un bien si précieux et si rare, j’obtempérai, et me retrouvai devant une fenêtre sans nom, avec une liste de documents, tous affublés de titres numériques qui me parlaient autant qu’un poème en étrusque. J’avais l’impression de m’être lancée à mon insu dans un jeu de pistes. Les concepteurs de l’ordinateur avaient peut-être trouvé un moyen de divertir les utilisateurs néophytes de leur produit. Ou ils avaient signé un pacte avec l’Association des Psychiatres, s’assurant mutuellement un afflux constant de clients. La fenêtre de Lili780 s’était remise à clignoter depuis un moment, vexée :

Lili780 dit :
ok, pa grav, kesk tu fé ?
Lili780 dit :
youhou !
Lili780 dit :
hé jte parle !
Lili780 dit :
t fachée ?
Lili780 dit :
HE !!!!!!!
Lili780 dit :
TU POURE REPONDRE !!!!!!§

Je ne pus m’empêcher de penser que sa conversation manquait un peu de consistance, toutefois dans mon apprentissage du décodage du langage moderne, je devais en passer par là. Au fond, elle était gentille. Mais pour l’heure, j’avais quelque chose de bien plus intrigant à décrypter.

« Désolée, je dois y aller. Je déchiffre la pierre de Rosette » répondis-je distraitement avant de fermer le programme de discussion.


Commentaires

Le 31 octobre 2009 LiilOo a dit :

Enfin !! xD
Je vais lire :DD.

Le 31 octobre 2009 LiilOo a dit :

Ah !! C'est troooooop bien !!
La suite !! La suite !! La suite !! La suite !! La suite !! La suite !!
*sors*
C'est toujours aussi génial !! :D
Bravo !!

Le 01 novembre 2009 Llyne a dit :

quel suspens!^^
je veux la suite stp!!! =)

Le 01 novembre 2009 Milie a dit :

C'est crô bien je veux la suite!^^

Le 02 novembre 2009 Newtara a dit :

Bon, DONNE-NOUS LA SUITE ! Steuplait ! Steupleit ! Steupleit ! Le suspense est In-sou-te-na-ble ! Préssée d'être le W-E pour avoir la suite, moi !

Le 05 novembre 2009 Dess a dit :

"titres numériques qui me parlaient autant qu’un poème en étrusque." Absolument irrésistible, je viens littéralement de m'étrangler de rire, sous le regard noir-assassin de la bibliothécaire !!^^

J'adore ton style, et on se retrouve dans ton personnage ! C'est génial !

Alors faisons original : La suite vite ! ^^
++

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Commentaire : ;) >_< shame :S mrgreen oO siffle :) :( xD

Quelle est la première lettre du mot cydn ? :