357 890 092x - 3ème partie

Suite de la suite !





Espérant ne pas provoquer l’ire de Bonhomme, j’ouvris le premier document de la liste. Un fichier texte s’afficha, dont il n’avait que le nom, puisqu’il était rempli par des lignes de chiffres dont j’étais bien incapable de déceler la moindre signification. Perplexe, j’ouvris le second fichier, pour me trouver face à une page similaire. Etrange, étrange. Je fis défiler la liste. Tiens, un des fichiers avait une icône différente, et se terminait par .exe au lieu de .txt…
Une petite voix au fond de moi, que d’aucuns auraient appelée Bon Sens, et d’autres Casse-pieds, me rappela qu’il n’était pas prudent de lancer une application inconnue lorsqu’on était incapable de différencier un cd-rom d’un frisbee miniature. Très satisfaite de posséder néanmoins un libre-arbitre, je passai outre la mise en garde et lançai le programme. Ma nuque était un peu raide, et mes épaules tendues. Qu’avais-je encore déclenché ?
Un bruit saccadé sur ma gauche me fit sursauter. Sans savoir pourquoi, mon cœur avait eu la bonne idée de se lancer dans un marathon, et j’eus le plus grand mal à lui faire comprendre qu’il n’y avait rien à craindre, lorsque je me fus aperçue que j’avais juste lancé l’imprimante. Imprimante qui, comme on aurait pu s’y attendre, imprimait ; mais ce qu’elle imprimait me laissa encore plus perplexe que les menus incidents qui venaient de se produire. Car elle imprimait, du haut en bas de la page, la même suite de caractères, qui m’était presque familière : 357 890 092x.
Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Suivant ma technique habituelle et très subtile, j’arrachai brutalement le câble relié à l’ordinateur, pour empêcher la machine de s’attaquer à une deuxième feuille innocente, et je demeurai un instant avec la première entre les mains, interdite. 357 890 092x. Etait-ce la dénomination scientifique d’un périphérique défectueux de mon pauvre Bonhomme surmené ? Une erreur d’écriture dans un programme ? Une subite lubie d’une carte mémoire nostalgique de ses 357 890 092 premiers octets ? Si les choses continuaient dans cette voie, je ne pouvais jurer de ne pas finir par alimenter les caisses de l’Association des Psychiatres de tout à l’heure. Et en même temps c’était intrigant, voire même assez passionnant.
Je m’accordai une minute de réflexion, les mains jointes sous le menton, fixant Bonhomme les yeux dans l’écran. J’en avais complètement oublié mon fichier « Paroles de chanson ». Le petit air m’était même sorti de l’esprit. Analysons, compilons les données, procédons avec une logique mathématique. Tout avait commencé par un message d’erreur. Ou peut-être que… Ce bug qui m’avait sauvé la mise auprès de Lili780… ? Non, c’était aberrant, un amas de circuits imprimés n’aurait pas pu mémoriser que Lili780 avait déjà son bac, et encore moins décréter de lui-même qu’il serait aimable de m’en informer pile au bon moment. Je rangeai l’incident dans la colonne « Coïncidences ». Et le message d’excuse de Machin ? Allais-je le laisser dans cette colonne, lui aussi ? A moins d’accepter de perdre la raison, oui. Revenons donc à ce qui était signifiant. Des chemins d’accès non valides, des messages d’erreur, et toujours, cette référence : 357 890 092x. C’était sans doute la clef de tout. Malheureusement, j’étais encore moins conciliante avec les notices d’appareils électroniques qu’avec mes avis de factures impayées : les unes comme les autres finissaient généralement au fond d’un tiroir obscur, perdues quelque part dans la jungle de mon cagibi. Je ferais donc avec les moyens du bord.
Pour la deuxième fois, je déroulai le menu Démarrer et lançai l’option Rechercher. Dans la boîte de dialogue, je tapai : 357 890 092x.
Le sablier me sembla plus long que jamais à égrainer sa poudre virtuelle. Je remuais fébrilement la jambe. Enfin, un unique document s’afficha dans la fenêtre, portant pour titre exact : « 357 890 092x ». C’était un document Word, un texte. Je ne l’avais évidemment jamais créé. Qui avait osé toucher à mon ordinateur, pour y mettre des fichiers aussi exaspérants ? m’insurgeai-je tout d’abord. Mais j’habitais seule, et mon ordinateur était protégé par un mot de passe.
Le mieux était encore de l’ouvrir, on verrait bien. Tant pis si cela activait un virus insidieux qui ravagerait le disque dur sans en laisser un nanomètre intact. Il fallait que je sache. J’espérais seulement qu’il n’achèverait pas complètement mon pauvre Bonhomme : j’avais fini par m’attacher à lui.
Je cliquai sur le document.
Le texte remplissait sept pages et demie. La première moitié de la page 1 était recouverte par une suite incompréhensible de 0 et de 1, mêlée parfois de slashs arbitraires. Je la fis défiler sans tenter d’y trouver un sens, et m’aperçus que peu à peu, progressivement, des lettres en majuscule se mêlaient aux chiffres, qui variaient de plus en plus, délaissant les froids et impénétrable 0 et 1 du début. Puis les lettres formaient des mots, en anglais, secs comme des ordres. « WRITE0100180/110STOP01187012 ERROR022//75610ACCESS DATA BASE 012970 CODE SYSTEM/ 02651086 », et ainsi de suite. Je plissai les yeux, de plus en plus absorbée par ma pierre de Rosette involontaire, faisant défiler le texte encore et encore. Les chiffres et les mots, ces derniers de plus en plus nombreux, se tartinaient sur mon écran avec l’enthousiasme envahissant d’une grosse vague de caractères, ignorant les paragraphes et les règles de la ponctuation. Puis, aux trois quarts de la page 2, les majuscules cédèrent la place aux minuscules, plus reposantes pour mes yeux, et qui donnaient un semblant trompeur de sens à ce galimatias. Bien vite, je m’aperçus que les chiffres avaient disparu eux aussi, et que le texte était à présent un ensemble de commandes informatiques que je ne comprenais pas, mais que je pouvais identifier comme telles grâce à mes maigres connaissances en matière de science-fiction. Et chose étrange, le texte n’était plus en anglais, mais en français. Sans m’en apercevoir, j’avais cessé de survoler les lignes, et mes yeux sautaient de mot en mot, lisant ce qui était écrit.

Stop. Ordre retransmis. Mémoire RAM incompatible. Erreur non réparable. Annulation impossible. Chemin d’accès secondaire non valide. Fichier DLL non endommagé. Programme de secours lancé. Optimisation de l’application. Mémoire RAM reconfigurée. Erreur assimilée. Altération des données jugulée.

Je m’interrompis. On aurait dit que Bonhomme avait décelé un dysfonctionnement de son système, de sa mémoire je ne savais plus quoi, et que ce texte racontait comment il avait réussi à s’auto-réparer. Mais s’était-il vraiment réparé ? « Erreur assimilée » n’était pas un vocabulaire très informatique ; en tous cas, cela ne paraissait pas indiquer l’annulation pure et simple de l’erreur initiale, mais plutôt une sorte d’intégration à l’ensemble du système. Tiens, voilà que moi aussi, je me mettais à penser comme un ordinateur. Ce qui ne changeait rien à l’énigme : pourquoi une machine avait-elle conservé, en fichier Word, l’inventaire de ses tentatives pour venir à bout d’une erreur interne, que je ne lui avais même pas demandé de corriger ? Pourquoi ces changements de langage ?


Commentaires

Le 06 novembre 2009 LiilOo a dit :

Han, t'es méchante de couper ici !! xD
Trop de suspens, je veux la suite !!
S'il te plait ?? :DD
J'suis sur que Bonhomme il a un cerveau !!
Si si, c'est une greffe :D
*sors*

Le 06 novembre 2009 Newtara a dit :

GE-NI-AL !

Au fait, le temps que j'y suis, tu aimes les maths ? Parce que moi pas vraiment, alors pou moi, les ordis, c'est de l'elfique, lol !

Le 07 novembre 2009 Dess a dit :

Wahou, excellent !
Ton bonhomme m'intrigue vraiment !

Et ça ressemble tellement au cauchemard que mon ordinateur (dit Boubou ^^) me fait vivre !! ; )

Aahh vivement la suite !!
++

Le 09 novembre 2009 Llyne a dit :

"Suivant ma technique habituelle et très subtile, j’arrachai brutalement le câble"
c'est bizarre tu fais comme moi xD

L'énigme se complique c'est trop bien =)

Le 10 novembre 2009 Milora a dit :

LiilOo --> Une greffe de cerveau ? Hé hé... *haussement de sourcil mystérieux*

Newtara --> Oui, j'adorais les maths, mais comme ça fait des années que je n'en ai pas fait, je suis à présent à peine capable de réciter ma table de 3. Et j'y connais pas grand chose en ordis - j'avais peur que ça se voie dans mon histoire, alors j'ai choisi une héroïne qui s'y connaît encore moins que moi...

Ravie que ça vous plaise, j'espère que la suite ne vous décevra pas ! =)

Le 23 février 2021 as a dit :

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Commentaire : ;) >_< shame :S mrgreen oO siffle :) :( xD

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