Inès... 4

Et voilà la suite !
A partir de maintenant, je pense que je couperai les extraits lorsque ça change d'auteur. Après tout, ça a été pensé comme ça au moment de la rédaction...



D’ailleurs, il y a fort à parier pour que vous non plus, lecteur, vous n’ayez aucune, mais aucune idée de ce qui allait se passer. Je présume que vous vous imaginez qu’il s’agit d’un bateau pirate, hanté, maudit, ou simplement plein à craquer de mercenaires sans pitié ; vous visualisez déjà ses voiles réfléchir la lumière du soleil, dangereusement proches, son terrible pavillon noir se hisser lentement, inexorablement, sur le mât principal, et la tête de mort faire claquer au vent son rictus ténébreux.
Eh bien vous avez tout faux.
D’abord, parce que lorsqu’on est en mer, par un temps relativement dégagé comme ce jour-là, et qu’un bateau est en vue, ça ne signifie pas qu’il est à quelques mètres à peine, et que vous pouvez déjà distinguer le capitaine, juché sur le gaillard d’avant, serrant férocement son sabre entre ses dents pour se préparer à l’abordage. Là, par exemple, le bateau… comment ça, le terme technique est « navire » ? Vous voulez des termes techniques, lecteur exigeant ? Très bien ! Le trois ponts trente-six canons, 1 200 tonneaux de jauge, qui s’approchait à 6 nœuds environ, n’était encore qu’une tache à l’horizon, dont seul l’œil expérimenté du marin, juché sur le nid de pie, et secondé par une longue-vue, pouvait affirmer qu’il n’avait pas de pavillon.
Ensuite, si vous avez tout faux, c’est parce que ce n’était pas un bateau pirate. C’était bien pire. Qu’est-ce qui est plus terrible qu’un pirate, plus sanguinaire qu’un corsaire, plus sans pitié qu’un flibustier, plus dénué de scrupules qu’un boucanier, plus haïssable qu’un forban ?
Un Anglais !
Et ce navire était bourré d’Anglais. Mais, me ferez-vous remarquer avec perspicacité, à cette distance et sans pavillon, les membres de l’équipage de La Malouine n’avaient aucune chance de le soupçonner. Eh oui, j’en ai bien peur, mon pauvre lecteur ; vous pouvez trembler pour eux.
Le capitaine fronça les sourcils, visiblement hésitant.
- Quelle direction a-t-il prise ? s’enquit-il.
- La nôtre, répondit la vigie.
Kervélec hocha la tête et sembla se plonger dans une active méditation. Inès l’observait avec curiosité, se demandant ce qui pouvait bien se passer sous son tricorne, et combien de tactiques militaires il devait être en train de passer en revue pour déterminer de quelle façon hacher menu le navire sans pavillon. Car Inès elle aussi avait tout faux – et ce ne serait décidément pas la dernière fois.
- Capitaine, reprit la vigie. Il semble assez endommagé, son grand mât est abîmé, il donne de la gîte jusqu’au dalot !
- Laissez-le approcher, ordonna finalement le capitaine.
Sur ce, Ronan Kervélec tourna les talons et se fraya un passage jusqu’à sa cabine. Inès préféra rester sur le pont. Légèrement inquiète, elle s’approcha de la rambarde pour scruter le navire étranger ; malgré la distance, il lui apparut en effet mal en point, aussi fut-ce le sens qu’elle attribua à l’énigmatique « donner de la gîte jusqu’au dalot ». C’était peut-être un navire en difficulté. Pourquoi penser tout de suite à des pirates ? Sans en saisir la raison, Inès sentit un grand poids s’abattre sur ses épaules. Tout allait de travers depuis le début de son aventure. Elle partait avec la vague idée de se faire brigand dans une forêt, et se retrouvait perdue en plein Atlantique ; elle livrait ses premiers véritables duels, et se faisait ridiculiser par le capitaine ; et maintenant qu’elle était à bord du bateau dont elle avait rêvé enfant, elle se sentait totalement déplacée et n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle devait dire ou faire. Et d’ailleurs, qu’avait-elle à dire ou à faire de si important, au fond ? Elle ne connaissait rien à la mer, ni, il fallait le dire, à l’aventure. Elle soupira profondément. « Comme on s’ignore ! » ongea-t-elle en plongeant son regard dans l’eau qui clapotait contre la quille, plusieurs mètres plus bas.
- Ne vous inquiétez pas, le capitaine sait ce qu’il fait, dit timidement l’aumônier en s’adossant près d’elle au rebord du bateau.
- Et si c’étaient des pirates ? laissa échapper Inès, ne parvenant toujours pas à déterminer si la petite pointe qui lui cisaillait l’estomac était de la crainte ou de l’excitation.
- Parlez pas de malheur, mam’zelle, commenta un matelot qui s’affairait non loin d’eux. Les corsaires, encore, ça va ; ils arrivent, ils vous piquent tout, tuent quelques marins, et ils repartent pour leur pays. Ça suit une certaine logique et même une logique certaine. Les pirates, ça, c’est aut’chose. Y a toute sorte de gus étranges, des malédictions, et tout ça.
- Ce n’est pas très catholique, mon enfant, fit distraitement remarquer l’aumônier, les yeux dans le vague, s’imaginant déjà face à une horde d’ennemis sauvages.
- Oh, je sais bien ! s’exclama le matelot avec ardeur. Mais moi, quand j’ai été là-bas, dans les îles, j’en ai vu de belles, croyez moi ! C’étaient pas des blagues ! Tenez, par exemple, un bateau aux voiles noires, rapide comme l’anguille avec ça, et avec un équipage invincible !
- C’était avant ou après avoir fini le tonneau de rhum ? plaisanta l’aumônier.
Le matelot secoua la tête de dépit. Il avait du mal à rassembler ses mots pour exprimer ce qu’il pensait, ou peut-être jugeait-il son public trop sceptique pour l’écouter.
- J’ai du travail, dit-il.
Inès le suivit du regard s’éloigner sur le pont ; son imagination s’était de nouveau emballée, elle se voyait ferraillant pour sauver un jeune enfant prisonnier, grimper sur une caisse abandonnée là et plonger sur ses adversaires. Elle en pourfendrait un, blesserait l’autre à l’épaule, lui faisant perdre son arme… Non, ce serait trop facile. Le deuxième, elle le blesserait à l’épaule gauche, et le combat continuerait. Mais une étincelle aurait mit le feu à une corde, qui se consumerait dangereusement, menaçant d’enflammer le baril de poudre à côté de l’enfant ! Elle sauterait par-dessus son adversaire, brandirait son arme pour trancher la corde, et… et… Elle s’aperçut qu’elle avait effectivement brandi le bras… sans arme. Et sans adversaire. L’aumônier l’observait avec étonnement.
- Ma blessure, commenta-t-elle maladroitement en massant la zone endolorie.
L’aumônier eut un petit sourire timide, comme tout chez lui. Il ne devait pas rassembler des troupes pour ses messes ; elle avait d’ailleurs du mal à se le représenter ne serait-ce que prenant la parole en public.
- Ne vous en faites pas, la rassura-t-il gentiment.
Elle s’abstint de lui répondre qu’elle n’avait absolument pas besoin d’être rassurée, non non, elle n’avait pas la moindre once d’inquiétude – elle jeta un regard au navire étrange qui lui sembla plus près que jamais (ce qui, comme aurait dit le matelot, répondait à une certaine logique et même à une logique certaine)… pas la moindre once de miette de minuscule fragment d’inquiétude. Non, pas la moindre… Si ?
- Le capitaine Kervélec s’y connaît en corsaires, continua l’aumônier. Il a accompagné le sieur Duguay-Trouin pendant plusieurs années.
- Et ils ont souvent eu affaire à des corsaires ?
- Il a accompagné le corsaire Duguay-Trouin pendant plusieurs années, corrigea l’aumônier d’un ton entendu.
Cette révélation frappa Inès comme une armée hoplitique en pleine bataille. Ronan Kervélec, un ancien corsaire ? Elle le chercha du regard dans la foule, mais il ne devait pas être ressorti de sa cabine depuis tout à l’heure. Elle n’arrivait pas à croire que cet homme mince à la moustache châtain et au ton mesuré, dans son sage uniforme bleu, ait pu mener une vie de corsaire.
- Vous étiez avec lui ? questionna-t-elle, les yeux brillants.
Le jeune aumônier rougit légèrement sous ce regain d’intérêt.
- Non…, répondit-il en se raclant la gorge. En fait, c’est… C’est la première fois que je prends la mer…
Inès ne sut que répondre, et de toute façon, le gentil narrateur que je suis la délivra de cette conversation en faisant pousser un cri à la vigie.
- Je discerne le nom du bateau ! dit la voix du marin, leur parvenant depuis la hauteur de son poste d’observation. C’est l’Elizabeth. Des An… des An-An… des Anglais !
Ce fut la première fois que le cœur de la jeune fille tentait ce saut périlleux avec double retournement qui lui fit manquer un battement. Un vent de panique s’était soudain étendu à tout l’équipage, il lui sembla que même les mousses avaient cessé de courir partout pour répondre aux ordres, et s’étaient figés, dans l’expectative, attendant la réaction du capitaine Kervélec dans un silence soudain. Les craquements des cordages se faisaient à nouveau entendre, et, comme une petite phrase musicale envoûtante le souffle profond des vagues se brisant sur la coque. La masse s’écarta pour laisser passer le capitaine, avec une discipline à rendre jaloux tous les khâgneux faisant une haie d’honneur à leur professeur d’histoire qui vient afficher le planning des colles. Kervélec se posta sous le mât de la vigie, silencieux.
- Un autre navire en vue ! tonna la vigie. Pas de pavillon non plus, on dirait qu’il poursuit les Anglais !
D’un pas vif, le capitaine s’approcha de la rambarde, scruta l’horizon où l’on apercevait bien, à présent, un deuxième bateau, à plusieurs heures derrière le premier, mais qui, malgré le trompe-l’œil de la distance, semblait progresser nettement plus vite. Le visage impénétrable, Kervélec fit volte-face et se planta de nouveau au pied du mât de la vigie ; Inès en profita pour se couler dans son sillage et se positionner aux premières loges, juste derrière lui, certaine qu’elle allait assister à une manoeuvre d’évasion digne des récits les plus mouvementés.
- Attendons-les, décida-t-il calmement pour la seconde fois.
Inès écarquilla les yeux. Laisser un bateau étrange dont on ne savait rien se rapprocher, c’était une chose ; laisser un bateau anglais, suivi par un autre bateau non moins étrange, les rattraper, ça, cela répondait à une certaine cohérence nettement moins certaine. Toutefois, personne, apparemment, ne songea à contredire les ordres ; chacun reprit son poste une fois de plus, laissant la vigie reposer sa voix cassée à force de tant crier.
- Et si c’était un brûlot ? glissa Inès au capitaine, toute fière de ses maigres connaissances en matière nautique.
- En haute mer, sans rivage en vue, et sans autre navire anglais, l’équipage n’irait pas bien loin en chaloupe, indiqua l’aumônier, visiblement tout fier, lui, de ses maigres connaissances en matière logique.
- Mais il y a un autre navire ! s’emporta Inès.
- Qui poursuit le premier ! répliqua l’aumônier.
- Et si c’était un piège ?
Le capitaine Kervélec avait suivi la discussion d’un œil amusé, avec l’air d’un professeur couvant du regard des élèves prometteurs. Attitude qui ne manqua pas d’agacer prodigieusement Inès. Elle n’avait jamais eu de professeur – à l’exception des précepteurs que son père avait engagés pour qu’ils lui enseignent une quantité à peine imaginable de choses tout à fait inutiles – elle n’était pas habituée à se considérer au début d’une longue route vers l’expérience. Elle, ce qu’elle aimait, c’était prouver sur-le-champ tout ce qu’elle savait faire. Et les petits beurres bretons aussi, mais ça, ça n’a rien à voir ici.
- Un navire est en difficulté, trancha Kervélec avec un sourire en coin. Nous ne pouvons pas l’abandonner comme cela.
- Même si c’est un bateau anglais ? s’entendit protester Inès.
- L’Angleterre est bien loin, et la France aussi, répondit Kervélec en plantant son regard dans le sien, avec une fixité dérangeante. Pour moi, ici, il n’y a qu’un navire en difficulté avec des hommes à secourir, et une alternative : fuir en l’abandonnant, ou lui venir en aide. Il se trouve que j’ai choisi.
Le ton n’avait rien de menaçant, cela ressemblait plus à... à… « A une leçon », grogna intérieurement Inès, qui décréta instantanément qu’elle détestait les leçons. A bâbord, le navire étrange numéro un n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres ; l’une de ses voiles était déchirée, le mât central était sévèrement abîmé, ne permettant pas d’y faire flotter un pavillon, et le flanc du bâtiment était profondément éraflé. C’était à se demander comment il avait pu continuer de naviguer dans cet état. Une chaloupe fut jetée à la mer avec deux hommes à son bord, et vint docilement à la rencontre de la Malouine. Kervélec, adossé au cordage, attendait les nouveaux venus avec une pose digne d’un stratège s’apprêtant à prendre la parole à l’ecclésia. Les deux nouveaux venus se hissèrent à bord ; Inès nota l’expression de franche hostilité que leur décernait l’équipage. L’un des deux hommes était petit, plutôt gras, et suait à grosses gouttes ; il était secondé par son total opposé, un homme sec, mince et droit comme un stylo bille… mince, les stylos billes n’existaient pas à l’époque. Sec, mince et droit comme une brindille desséchée, disons. Ils suivirent un matelot d’un pas hésitant, et se retrouvèrent face à Kervélec, qui n’avait pas cillé. Il était difficile d’imaginer ce qu’il était en train de penser. Le gros homme se racla la gorge, cherchant ses mots, puis commença de parler, avec un très fort accent britannique.
- Bonne matinéy, sir. Nous avons un fâcheux pwoblème. Nous avons été attaquéy, nous sommes pouwsuivis, notre vaisseauw ne pouwa pas tenir twèy longtemps… Oh my God !. I don’t speak french. I’m Lord Salisbury, captain of the Elizabeth, I don’t know what to do. I hope that, even if our countries are in war, you will accept to…
- Excusez-moi, coupa Kervélec avec un sourire poli. Je vous souhaite la bienvenue sur La Malouine. Mais étant donné que les Etats-Unis n’existent pas encore, que donc, l’anglais n’envahira pas le reste du monde avant deux bonnes centaines d’années, et que la France est encore pour quelques décennies la plus grande puissance européenne, je vous remercierais de vous exprimer le plus possible en français, monsieur. Cela dit, je comprends votre embarras. Je ferai mon possible pour vous aider. Mais j’aurais besoin de plus d’informations : quel est ce vaisseau qui vous pourchasse ?
L’Anglais avait suivi son discours en plissant les yeux, attentif à saisir chaque mot, que Kervélec avait d’ailleurs fait attention à prononcer très distinctement. Il hocha la tête plusieurs fois, rassemblant son vocabulaire français et toute la concentration dont il était capable. Son collègue observait la scène d’un air entendu et assuré, n’ayant visiblement pas la moindre idée de ce que les deux autres pouvaient bien être en train de raconter.
- Ce sont des pirates, reprit le capitaine anglais avec son accent à couper au couteau que, pour plus de commodité du lecteur, je me permets d’atténuer. Des fous, de vrais fous, n’est-il pas ?
- Il est, il est, confirma son second sans se poser de question.
- Ils nous ont donné la chasse pendant les heures, alors qu’ils auraient pu attaquer à plusieurs reprises. Et quand ils se sont enfin décidés à le faire, ils ont été complètement imprévoyables (sic) ! Ils nous ont demandé de très bizarres choses ; encore, s’ils avaient réclamé « la bourse ou la vie », cela aurait eu un certain charme pittoresque, mais là, ils voulaient « la terre et l’eau » ! Unbelievable ! Surtout en plein océan !
Inès se félicita de s’être précédemment postée à une place si bien choisie, car elle ne perdit pas une miette de la réaction du capitaine Kervélec. Elle fut presque imperceptible, une légère baisse d’énergie dans son sourire poli, une lueur qui brilla un quart de seconde dans ses yeux, une inspiration un peu plus profonde que les autres. Il savait quelque chose, conclu-t-elle, se félicitant de ses talents nouvellement acquis d’herméneute. Mais il n’en laissa rien paraître. Ce fut d’un ton tout à fait naturel et absolument pas changé qu’il demanda :
- Quel est le nom de ce vaisseau ?
- Un nom très étrange, je ne l’avais jamais entendu, répondit le capitaine anglais – non, en vérité il répondit quelque chose comme « A nom twè étwandge, je ne l’avaiy djamaiy entendiu », mais je vous passe les détails. Le Princess Leia.
Ce coup-ci, Kervélec avait dû anticiper la révélation, et malgré toute l’attention que lui porta Inès, elle ne réussit pas à percevoir le moindre signe que son interprétation précédente était fondée. Il se redressa et décerna un hochement de tête poli aux deux visiteurs.
- Pourquoi donne-t-on toujours des noms de femme aux bateaux et aux ouragans, à la fin ? s’exclama-t-elle à mi-voix pour elle-même.
- Pour les ouragans, quand on vous connaît, on comprend pourquoi, lui répondit Kervélec, à sa plus grande surprise et sans méchanceté.
Puis il se tourna vers son équipage. Il se mit alors à émaner de lui une sorte d’aura d’autorité qu’Inès n’avait jamais eu l’occasion d’apprécier auparavant. Il parla d’une voix forte et claire, ses gestes étaient amples et mesurés, et il fut instantanément obéi par tout le monde. Même la jeune fille se sentit tentée de s’exécuter et de rejoindre sa fonction, et il lui fallut deux bonnes secondes pour se rappeler qu’elle n’avait pas de fonction ici.
- A bâbord toute ! ordonna-t-il. Les vents sont avec nous, donnez toute la puissance que vous pouvez, ils ne doivent pas nous échapper. Nous les prenons en chasse. Tous à vos postes !
L’équipage de la Malouine se mit en branle avec effervescence. Les deux visiteurs paraissaient abasourdis ; ils échangèrent quelques mots en anglais.
- Je crois que je n’ai pas bien saisi, risqua le gros homme, retenant Kervélec qui s’éloignait déjà. Il est dehors de question que je mène mon navire vers le Princess Leia !
Manque de chance pour lui, l’aura de Kervélec ne s’était pas encore dissipée, et lorsque celui-ci se retourna vers lui, il dut l’affronter de plein fouet et ne put que se faire tout petit devant le regard inébranlable de l’ancien corsaire.
- You will obey, if you want to survive, répondit Kervélec avec un accent parfait. And now, go back on the Elizabeth. Please.
Il va de soi que tous ceux qui avaient assisté à la scène étaient stupéfaits ; mais comme tout l’équipage était parti s’affairer pour répondre aux ordres, « tous ceux qui avaient assisté à la scène » se réduisaient aux deux Anglais, à Inès, et au père Corentin. Ces deux derniers échangèrent un regard incrédule, et sans pouvoir dire pourquoi, Inès sut qu’elle s’était trouvé un ami.
- D’habitude, commenta-t-elle à l’aumônier tandis que Kervélec s’éloignait et que les deux visiteurs regagnaient leur navire, est-ce que ce n’est pas plutôt les pirates qui pourchassent les navires marchands ?
- D’habitude, si, j’en ai bien peur, répondit l’aumônier en jetant un regard à l’horizon.
Le vent claqua dans les voiles, les cordages crissèrent, les ordres fusèrent dans tous les sens, et la Malouine, suivie de près par l’Elizabeth, vira à bâbord et s’élança à la poursuite du mystérieux bateau pirate.


Commentaires

Le 09 février 2010 Tortoise a dit :

Haaa, le nom du navire pirate! Morte de rire je suis ^^

Sinon, euh, ben... la suite?

Le 13 avril 2010 Minyu a dit :

Pourquoi tu n'as pas choisi un nom de Star Trek ? lol ^^
Cela dit, c'est comme les précédents... Génial.

"Vous voulez des termes techniques, lecteur exigeant ? Très bien ! Le trois ponts trente-six canons, 1 200 tonneaux de jauge, qui s’approchait à 6 nœuds environ, n’était encore qu’une tache à l’horizon, dont seul l’œil expérimenté du marin, juché sur le nid de pie, et secondé par une longue-vue, pouvait affirmer qu’il n’avait pas de pavillon."
O_O'
"déterminer de quelle façon hacher menu"
La tournure me dérange, je verrais plus un truc du genre "déterminer la façon de hacher menu", tu vois. Après, ce n'est que mon avis ^^
"il donne de la gîte jusqu’au dalot !"
Pardon ? -_-
"Elle ne connaissait rien à la mer, ni, il fallait le dire, à l’aventure."
Je verrais plus "il faut le dire", parce que c'est le narrateur qui s'adresse au lecteur...
"« Comme on s’ignore ! » ongea-t-elle"
songea
"Il a accompagné le corsaire Duguay-Trouin"
rassurant ^^
"le gentil narrateur que je suis la délivra de cette conversation en faisant pousser un cri à la vigie."
Toujours une de mes suggestions : je verais plus "auteur" que "narrateur".
"pouwa pas tenir twèy longtemps"
teniw ^^
"Mais étant donné que les Etats-Unis n’existent pas encore, que donc, l’anglais n’envahira pas le reste du monde avant deux bonnes centaines d’années, et que la France est encore pour quelques décennies la plus grande puissance européenne"
lol ^^
"conclu-t-elle"
conclut-elle
"Pour les ouragans, quand on vous connaît, on comprend pourquoi"
Mais va te faire f... ! Hum, restons polis : je trouve cela très vexant. xD
"et de rejoindre sa fonction, et il lui fallut deux bonnes secondes pour se rappeler qu’elle n’avait pas de fonction ici."
répétition de "fonction"

Le 18 mai 2021 สล็อต a dit :

Inès... 4

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Commentaire : ;) >_< shame :S mrgreen oO siffle :) :( xD

Quelle est la première lettre du mot mynnc ? :